Faut-il faire confiance aux banques ?

Minées par la conjoncture internationale, les banques ont-elles les reins solides pour éviter la catastrophe ? Près d’un français sur deux est sceptique, révèle un sondage Ifop.

banque euro

Chahutées en Bourse, les banques vivent leurs heures les plus difficiles depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, prélude à la déconfiture financière qui s’était ensuivie plongeant le monde dans la plus grave crise économique depuis 1929.
Bien que le contexte soit différent, l’aggravation actuelle de la conjoncture s’expliquant davantage par un contre-choc de la première crise lié à l’endettement public des Etats, le parallèle n’est pas un raccourci grossier, loin s’en faut.

Sur les marchés bancaires, le niveau de confiance s’érode depuis des semaines et frise aujourd’hui l’état de panique. Indicateur : le montant des liquidités déposées par les établissements auprès de la banque centrale européenne (BCE). Il a encore augmenté le 6 septembre 2011 pour s’établir à 166,85 milliards d’euros (contre 151 milliards la veille).

Rappelons que les banques qui choisissent de passer par la BCE veulent éviter le circuit interbancaire classique, système non réglementé, dit de gré à gré, sur lequel les établissements sont présents quotidiennement afin d’équilibrer leurs comptes en s’échangeant des actifs. Or, sur ce type de marché,  il suffit qu’un maillon de la chaîne lâche pour enrayer toute la machine et paralyser le système financier.

 

2. Epargnants

La crainte d’un blocage similaire à 2008 se fait sentir à la « corbeille » et met à mal l’équilibre des banques : la Société générale a ainsi enregistré le plus fort repli du CAC 40 en début de semaine (-6,54%). En six mois, l’action de la Société générale a été dévalorisée de 52%.

La BNP (-5,24%) et le Crédit Agricole (-4,72%) sont guère mieux lotis.

Face à cette dégringolade, le doute gagne les épargnants : selon un sondage Ifop publié sur le site internet du JDD, 48% des français doutent de la solidité des banques françaises face à la dégradation de la conjoncture internationale.

Selon Ifop, 9% des personnes interrogées ont, au cours des neuf derniers jours, songé à « retirer par précaution tout ou partie » de leurs économies de leur banque, et 16% ont pensé à placer par précaution tout ou une partie de leurs économies dans un autre établissement que le leur.

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